Lectures du dimanche – Entre «La servante écarlate» et la planète Mars

Teaser

Focus sur le dernier livre de Margaret Atwood – «Les testaments » - et sur un nouveau mook belge consacré à l’exploration scientifique de Mars.

Mars – Le mook de l’exploration

Le confinement et la situation sanitaire doivent-ils nous empêcher de rêver au futur? Certains diront que le plus urgent est d’arriver à demain… D’autres que c’est l’occasion de se laisser emporter par les utopies scientifiques… Déjà responsable d’un mook sur la Deuxième guerre («1944» qui compte déjà quatre numéros), l’éditeur belge Weyrich lance un nouveau semestriel– «Mars – Le mook de l’exploration» qui veut bien dire ce qu’il veut dire. Un objet – entre le livre et le magazine – qui laisse entendre qu’une possible exportation de la vie humaine sur Mars ne relève plus de l’utopie scientifique, mais n’est plus qu’une question de décennies… (on parle de 2040!).

Au sommaire de cette première livraison: une rencontre avec Frank De Winne, à la tête du Centre européen des astronautes (ESA – European Space Agency) à Cologne qui commente les contraintes auxquelles sont confrontés les candidats au voyage, un entretien avec Thomas Pesquet, nouvelle icône de l’aventure spatiale et grand faiseur de selfies depuis là-haut, qui raconte son expérience des vols et explique un métier aux exigences tout simplement hallucinantes. Mais aussi une visite au centre des opérations de l’ESA à Darmstadt ou comment «l’Europe surveille l’espace et ses satellites», un papier très didactique sur la technologie nécessaire pour effectuer un trajet Terre-Mars, un autre sur les mystères de la planète rouge, des extraits d’une bande dessinée – «Safari rouge», une réflexion sur la réactivation du programme lunaire – la Lune restant «le meilleur terrain d’entraînement» pour toucher du doigt (ou plutôt du pied) le rêve martien. Le tout est rythmé par une déferlante de photos de la planète star, de fusées, de capsules, de navettes - bref toute une imagerie qui fait la grande mythologie de l’espace…

N°1, 2020. Edition Weyrich, 250 p, 22 €. Disponible dans les press shops et sur www.weyrich-edition.be

Les testaments – Margaret Atwood

En 1985, Margaret Atwood publiait "La servante écarlate", un roman dystopique devenu culte et érigé en véritable manifeste féministe. L’écrivaine canadienne y décrivait un effrayant futur des États-Unis, dominé par une théocratie puritaine - Galaad. Dévalorisées à l’extrême, les femmes y étaient condamnées à n’être qu’épouse, servante ou reproductrice, les plus puissantes - les Tantes - ne devant leur prestige et leur pouvoir qu’à la compromission avec le régime. Depuis, le livre a été adaptée dans une série (avec Elisabeth Moss) devenue phénomène de société…

Assaillie par les nombreuses questions de ses lecteurs, Margaret Atwood nous livre aujourd’hui ce nouvel opus tant attendu. On y suit les parcours de trois femmes, qu’en apparence tout sépare mais que les méandres du destin et des intrigues politiques vont faire converger : une fille d’un Commandant de Galaad, une jeune Canadienne qui milite contre le régime et Tante Lydia, une des principales fondatrices de ce totalitarisme. «Les testaments» n’est pas tant une suite – même si l’intrigue se situe quinze ans après les événements du premier récit – qu’un éclairage sur les conditions de possibilité d’un régime totalitaire, mais aussi sur les raisons de son effondrement. En pleine ère post-#MeToo, un appel à la vigilance passionnant et surtout interpellant quand on sait qu’un des axiomes des deux livres est que « tout événement qui y survient doit impérativement avoir eu un précédent dans l’Histoire »…

Robert Laffont, 552 p.

 

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